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L’Etat va enquêter: Vrais ou faux mendiants?

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La mendicité gagne du terrain en Algérie, notamment dans les grandes villes, où vieux, jeunes et enfants, sont nombreux à tendre la main. Le phénomène est en passe de se banaliser aux yeux des citadins, habitués à des dizaines, voire des centaines d’individus, implorant de l’aide à chaque coin de rue.

Certains citoyens s’apitoient sur le sort de ces mendiants, d’autres croient, dur comme fer, qu’ils en font un commerce qui leur permet de bien gagner leur vie. Vrai ou faux mendiants ? Les autorités publiques promettent d’enquêter et tenter de régler ce véritable problème de société.

En fait, la ministre de la Solidarité nationale et de la Condition de la femme, Mounia Meslem, répondant, avant-hier, à une question d’un député, a affirmé que «des enquêtes seront menées sur le terrain pour mieux comprendre et endiguer le phénomène de mendicité». L’oratrice a précisé que l’identification de ce phénomène «exige une action académique et des enquêtes sur le terrain menées par des organismes et experts spécialisés afin d’en définir les causes».

Ajoutant que «les résultats attendus devront nous éclairer sur les moyens qui permettront de faire une distinction entre les mendiants du fait de la pauvreté et ceux qui en font un métier». Selon l’oratrice, une étude nationale est actuellement menée par le secteur de la solidarité nationale pour la collecte de données détaillées liées à cette problématique pour la période 2015-2019. Si les déclarations de la ministre se veulent plutôt rassurantes, véhiculant une vision quant au règlement progressif du problème, il est toutefois à rappeler que l’Etat accuse un grand retard dans la prise en charge de ce phénomène.

Il y a quelques années, l’on parlait déjà d’une loi interdisant la mendicité. Depuis, rien n’a été fait et le nombre de mendiants n’a cessé d’augmenter. De nos jours, l’on rencontre des familles entière, parfois des mineurs livrés à eux mêmes faire la manche à quelques mètres seulement du siège de l’APN et de bien d’autres institutions officielles. Ce qui démontre le laisser-aller des autorités publiques et le peu d’intérêt accordé à ces individus, qu’ils soient vrais ou faux mendiants.

D’ailleurs, de nos jours, l’on n’hésite pas à qualifier Alger de capitale de la mendicité. Face à cette situation, la ministre de la Solidarité a indiqué qu’il faut engager une concertation et coordination entre tous les secteurs, rappelant le projet de loi de protection de l’enfance qui permettra de prendre des mesures pour protéger cette frange de la société et certains articles du Code pénal qui criminalisent la mendicité en utilisant des enfants. L’ampleur du phénomène, la forme et méthodes adoptées sont «étranges à notre société», notamment à la lumière de la politique sociale en faveur des catégories à faibles revenus, a fait remarquer Mme Meslem.

Une déclaration qui suscite néanmoins moult interrogations. L’argent de l’Etat bénéficie-t-il aux personnes qui sont réellement dans le besoin ? Si c’est le cas, les pensions accordées sont-elles en mesure de subvenir aux besoins des concernés ? En tout état de cause, trouver une solution urgente est plus que souhaitée, sachant que des enfants, des femmes enceintes et des personnes âgées et à bout de force passent leurs journées dans la rue et seraient même exploités par des réseaux spécialisés dans la mendicité.

source : lesdebats.com

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