La « guerre » des écoles privées avant la rentrée scolaire

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A quelques jours seulement de la rentrée des classes, les écoles privées s’évertuent à charmer les jeunes candidats, leur proposant une formation alléchante. Du coup, la concurrence s’est installée à Alger, comme ailleurs. Les écoles privées sont à la recherche de jeunes candidats potentiels. L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de leur survie financière. 

Dans les rues, des milliers de brochures sont distribuées aux passants sur lesquelles est inscrite une liste des formations proposées. Devenues de nos jours un véritable marché, les formations sont ouvertes à toutes les spéculations, voire à l’escroquerie.

Quels genres de formations sont proposés aux jeunes étudiants ? Le diplôme est-il reconnu par l’Etat, ou du moins par les entreprises qui recrutent ? Comment certaines écoles recourent-elles aux faux diplômes et aux fausses annonces sur des sites Web pour attirer le maximum de candidats, et qui sont-elles ?

Sur les sites Web, à travers les médias, dans les rues et dans les bureaux de réception, les instituts et écoles privées emploient les grands moyens, à quelques jours de la rentrée scolaire, pour convaincre le maximum de jeunes candidats à s’inscrire à des formations qui durent quelques années, parfois quelques jours seulement.

Cependant, ces diplômes font souvent l’objet d’une non-reconnaissance par les employeurs. Parfois, il s’agit même d’une pure arnaque. Nombre de jeunes ont obtenu leurs diplômes après une formation d’une seule semaine, alors que d’autres attendent la réception de leurs diplômes depuis plus de dix ans.

Aussi, nous avons mené notre enquête dans certaines écoles privées d’Alger. Nous avons interrogé des directeurs et avons surtout recueilli le témoignage de jeunes qui se sont rendu compte de l’arnaque une fois les cours commencés.

Les explications de la gérante de l’IECI

Mme Aït Kaci est la gérante d’une école privée à Alger-Centre. Ouverte depuis plus de douze ans, l’Institut de l’enseignement du commerce international (IECI) est situé dans un quartier chic de l’Algérois, dans un F5 qui paraît cependant trop exigu pour contenir le nombre important d’étudiants inscrits. En plein boulevard Didouche-Mourad, l’IECI est situé de telle sorte à attirer les centaines de jeunes à la recherche d’un diplôme.

L’institut assure des formations à plus de 200 jeunes par an (bacheliers et ceux ayant la terminale). Mais au-delà de ces avantages, l’IECI, comme beaucoup d’autres instituts, ne fait pas de grosses dépenses afin d’améliorer et de proposer un meilleur environnement à ces étudiants.

Kamel a obtenu le diplôme de technicien en détergent en une semaine !

Kamel nous a livré un témoignage capital. Il relate comment il a été victime de l’escroquerie d’une école privée, sise à Belouizdad. Il explique avoir déboursé près de 5 millions de centimes pour une formation de technicien en détergent d’une semaine seulement, dont le diplôme est dans le tiroir depuis.

« Mon histoire a commencé il y a quelques mois lorsque j’ai lu une annonce parue dans un quotidien arabophone. Contactant l’école privée en question, un rendez-vous m’a été fixé et l’adresse m’a été communiquée par une jeune fille chargée de recevoir les appels des candidats. Une fois arrivé, je fus surpris par la vétusté des lieux. Un immeuble menaçant ruine, des escaliers dégradés et des murs complètement fissurés.
Ma surprise fut encore plus grande lorsqu’on m’a ouvert la porte. Absolument rien m’indiquait que c’était-là une école privée.
Quelques chaises et quelques tables, c’est tout ce qu’il y avait dans cette école. Néanmoins, j’étais vraiement intéressé par la formation qui me permettait d’obtenir un diplôme de technicien en détergent.
Il m’a été exigé de payer 49 800 DA pour bénéficier d’une formation accélérée.

Au bout d’une semaine seulement, j’ai obtenu mon diplôme. Mon étonnement fut encore plus grand lorsque le gérant de ladite école me proposa de m’engager par le biais de l’Ansej et m’assura que toutes les démarches seraient faites par lui. J’ai fini alors par comprendre pourquoi cette école proposait des formations accélérées. C’est tout simplement pour accéder à l’argent de l’Ansej. »

Des formations proposées dans les…rues

Aujourd’hui, tous les moyens sont bons pour tenter de convaincre de nombreux jeunes à s’intéresser à des formations qui ne durent que quelques mois, voire quelques jours.
Dans les rues d’Alger, des jeunes de 18 ans et plus surgissent de nulle part pour vous remettre une brochure sur laquelle est indiquée une liste de formations proposées par les écoles privées.
Déclarant en douanes, comptable et bien d’autres formations encore ; telles sont les formations proposées en seulement trois mois, théorie et pratique confondues. Très court, estiment la plupart des personnes interrogées.

Parfois, les jeunes qui distribuent ces prospectus ne savent même pas ce que contiennent ces listes. Lorsque nous avons contacté par téléphone ces écoles, nous avons été invités à nous rendre à leurs sièges respectifs situés, dans la plupart des cas, dans des immeubles vétustes.

source : algerie360.com

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