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Peine de mort pour la tueuse du Télemly

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Comme il fallait s’y attendre, le tribunal criminel d’Alger a, sans hésitation aucune, prononcé avant-hier, tard dans la soirée, la peine de mort contre la tortionnaire du Télemly, reconnue coupable de tous les chefs d’inculpation, à savoir homicide volontaire avec préméditation et guet-apens, retenus contre elle par les juges de la chambre d’accusation de la cour d’Alger conformément aux articles 254, 255, 256, 257, 261 du code pénal.

Les membres du tribunal criminel d’Alger, Saïd Moundji et Samira Kirrat, dirigés par le président de la 11e chambre pénale près la cour d’appel d’Alger, Menouar Ben Gherifa et les deux jurés Maalem et Bouchema, n’ont pas eu besoin de beaucoup de temps pour condamner la mise en cause, convaincus qu’ils étaient, comme d’ailleurs toute l’assistance, de la culpabilité de celle qui a commis un crime particulièrement odieux.

Ces derniers ont répondu par oui à toutes les questions liées à la culpabilité, la préméditation, l’intention criminelle et le guet-apens, et par non en ce qui concerne les circonstances atténuantes.

Les réponses lues par le président d’audience ont été accueillies avec satisfaction par tous ceux qui étaient présents dans la salle d’audience, à l’exception toutefois de l’époux de la victime, qui a préféré sortir pour ne pas connaître le sort réservé à sa maîtresse, avec laquelle il avait une liaison extraconjugale.

La mise en cause n’a, quant à elle, pas réagi à la sentence prononcée et s’est contentée de jeter des regards évasifs vers le public.

Le procureur général, Abdel-Alim Ferradji, a requis la peine de mort contre la tortionnaire du Télemly, qui a assassiné sauvagement une femme et ses deux filles en bas âge, avant de les abandonner baignant dans une mare de sang. Le procureur général a insisté dans son réquisitoire sur la préméditation de cet acte abominable, la mise en cause ayant emporté dans son sac à main deux couteaux.

Il a enfin affirmé que cette femme bourreau ne mérite ni clémence ni indulgence de la part des membres du tribunal criminel. « La personne que vous avez en face de vous, monsieur le président, a commis l’irréparable en mettant fin aux jours d’une femme et de ses deux filles sous prétexte que sa belle-mère l’a incitée à le faire ! »

« J’ai fait un rêve dans lequel j’avais assassiné l’épouse de mon mari. L’idée est restée gravée dans ma mémoire. Le lendemain matin, je me suis armée de deux couteaux et je me suis dirigée vers l’appartement de ma proie. J’ai frappé à la porte, la victime m’a ouvert et m’a invitée à rentrer dans le salon.

Assise sur un fauteuil, je lui ai dit que j’étais la deuxième femme de son mari. Elle ne voulait pas me croire et m’a demandé de lui montrer le livret de famille. Lorsqu’elle a constaté que ce que je disais était vrai, elle s’est mise à crier de toutes ses forces en me traitant de menteuse et de voleuse d’hommes.

J’ai sorti le couteau et lui est assené un coup en plein ventre. La victime s’est écroulée, je lui ai alors porté plusieurs autres coups de couteau, au total 40, dans différentes parties de son corps devant sa fille qui hurlait ʺMaman ! Maman ! ʺ »

Sans aucun remords, la personne incriminée a continué de raconter la manière avec laquelle elle s’était attaquée à la deuxième victime : « Je lui ai assené cinq coups de couteau, notamment au niveau du thorax, puis je suis allée dans la chambre où se trouvait la troisième victime. Sans hésitation aucune, je lui ai porté pas moins de trois coups de couteau ! Je me suis alors évanouie.
Lorsque je me suis réveillée, j’ai trouvé un homme derrière moi. Il me suppliait de rentrer chez moi et de ne pas commettre de crime ! »

Le président en charge du dossier lui a alors rappelé qu’en se réveillant, elle s’était dirigée vers la salle de bain et s’était lavée, en prenant soin de changer le foulard taché de sang qu’elle portait avec un autre qu’elle avait ramené avec elle pour l’occasion !

C’est dans une salle archicomble, trop exiguë pour contenir la nombreuse foule composée des avocats, des parents et proches et même des curieux, que le procès de la femme sanguinaire du quartier de Télemly à l’origine d’un triple crime s’est ouvert hier, à 13h30, au tribunal criminel d’Alger.

Le procès a connu plusieurs interruptions suite à de petits incidents survenus entre le président et quelques avocats, à l’instar de Me Cherif Lakhlef, lequel a menacé de se retirer.

L’avocat en question a tout tenté pour faire passer l’affaire à huis clos, estimant qu’il y a des données qui touchent à la dignité de sa cliente A. Radia, laquelle a tout fait pour échapper à la responsabilité pénale.

Cette dernière a en effet voulu faire croire aux membres du tribunal criminel d’Alger que le triple crime avait été commis par un homme qu’elle a rencontré, par hasard, dans l’appartement de la victime !

Les services de la police judiciaire de la sûreté de wilaya d’Alger ont néanmoins réussi à élucider le mystère qui entourait ce crime odieux, commis le 14 octobre 2014, au Télemly, à Alger. Après une enquête qui a duré près de cinq jours, il est apparu que l’époux de la défunte victime était marié à une autre femme.

Pendant son interrogatoire, cette dernière a avoué être l’auteur de l’assassinat de la première épouse et de ses deux filles. Selon des sources concordantes, elle avait déclaré au cours de l’enquête : « Il a brûlé mon cœur, alors j’ai décidé de lui brûler le sien en tuant sa première épouse. » La seconde épouse s’est vengée de son mari après leur divorce.

Il convient de signaler que les avocats de la défense, suite aux aveux de leur cliente et au réquisitoire du procureur général, se sont contentés de solliciter l’application des articles ayant trait aux circonstances atténuantes, conformément à l’article 53 du code pénal et l’article 592 du code de procédures pénales.

Ils comptent cependant introduire un pourvoi en cassation à la chambre criminelle pour la révision du procès et, par-delà, la peine prononcée contre leur cliente, estimant que « c’est trop lourd comme jugement ! ».

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