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Le film Papicha de Mounia Meddour primé Césars

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J’’aimerais partager avec vous quelques mots d’une grande révolutionnaire de notre monde Djamila Bouhired qui me dit  : ‘‘Il vous appartient à vous les artistes qui mettez de la lumière dans l’obscurité de notre quotidien, il vous appartient à vous tous de dessiner votre avenir et de donner corps à vos rêves, ne les laissez pas pervertir la noblesse de votre combat, ne les laissez pas vous voler votre victoire.’’»

Ces mots de Djamila Bouhired, rapportés par la jeune Lyna Khoudri en recevant son César de Meilleur espoir féminin, dans une courte déclaration émouvante, sonnent comme un message aux Algériens qui se battent pacifiquement depuis un an pour une Algérie démocratique tolérante, plurielle, ouverte sur la modernité.

C’est aussi, à quelques jours du 8 mars, un encouragement aux femmes algériennes qui militent depuis plusieurs décennies pour leur dignité, pour un statut de citoyennes dans un pays de citoyens.

Qui résistent et se rebellent contre l’obscurantisme, l’islamisme et les mentalités rétrogrades et archaïques. «Merci à Mounia Meddour de m’avoir offert ta vie, de m’avoir donné le rôle de Nedjma-étoile», a ajouté Lyna Khoudri. Cette vie dans laquelle se reconnaîtront des millions de jeunes Algériennes.

Non sans avoir remercié ses parents, la fille de notre confrère Rabah Khoudri a remercié son père «qui (lui) a appris à aimer le cinéma, qui (lui) en adonné le goût». Salué par les César du Meilleur premier film et du Meilleur espoir féminin pour Lyna Khoudri, Papicha de Mounia Meddour, lancé à Cannes en mai 2019, a ainsi poursuivi son parcours par une double consécration.

Papicha est un film sur la volonté de vivre sans entraves, sur la quête de tolérance, de modernité dans une Algérie ensanglantée des années noires.

Le film, qui crève l’écran par sa sensibilité, son humanisme et la soif de vie de ses actrices, malgré des scènes de grande violence et de mort, aide à comprendre l’Algérie, ses traumatismes, ses luttes pour la liberté, la tolérance et la démocratie.

Un film chargé d’émotion. Celle dégagée par l’histoire qu’il porte et par le jeu percutant des actrices, particulièrement de Nedjma, l’actrice principale.

Un film sur la vie, la rage de vivre, qu’exprime Nedjma (Lyna Khoudri), quand elle dessine avec frénésie ses modèles de robe, puis les raye et les déchire. Lyna Khoudri est convaincante dans son rôle de rebelle aux carcans de la tradition patriarcale ou/et de l’idéologie islamiste. Comme sa mère (dans le film), elle utilise le haïk, voile traditionnel dont se couvraient les citadines algériennes.

Sa mère s’en servait pour cacher la bombe ou les messages pour le compte du FLN pendant la guerre de Libération nationale.

Nedjma, comme sa mère, fera du haïk un outil de résistance, en le détournant et en faisant des robes et autres toilettes qui mettent en valeur le corps féminin et l’embellissent.

C’est aussi une manière de se reconnaître dans la filiation de la résistance des générations précédentes de femmes. Et c’est en ce sens que Papicha est un film qui en appelle à la mémoire, la mémoire de la résistance des femmes, qui ne doit pas être étouffée, mais se transmettre et continuer à vivre de génération en génération comme cette rose, que Nedjma ira planter sur la tombe de Linda, sa sœur journaliste assassinée, ou comme cette petite vie portée par Samira, son amie et camarade de cité universitaire.

Papicha, qui se veut un hommage et un témoignage de la résistance des femmes algériennes au conservatisme et à l’intégrisme islamiste échappe aux clichés. Le film n’est pas manichéen, il montre la complexité de la société algérienne.

source : elwatan.com

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