Numérisation de l’administration, La fin de l’enfer bureaucratique?

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Le gouvernement a maintes fois fait la promesse sans jamais la tenir par le passé. Il disait lutter contre la bureaucratie, tout en la renforçant.

Cependant, ces derniers mois, force est de constater que quelques promesses n’ont pas été vaines. Sitôt prises par le ministre de l’Intérieur, d’importantes décisions en rapport avec les services publics sont mises en oeuvre au grand bonheur des citoyens. La délivrance au niveau des APC du passeport biométrique, de la carte grise, de la carte d’identité nationale, dont on promet son passage à la biométrie dans moins de deux semaines, constitue une avancée notable, fortement appréciée par le citoyen. Il y a également l’allègement de nombre de dossiers administratifs. Bref, l’on a l’impression que le gouvernement a fini par réussir sa «mutation bureaucratique», avec plusieurs années de retard, mais c’est fait. Et c’est l’essentiel.


L’on aura appris, dans la foulée, que cette «petite» révolution contre la bureaucratie a été rendue possible grâce à la numérisation de l’administration centrale et locale, qui a fait de grandes avancées à la faveur d’une réelle volonté de donner au concept de e-gouverment tout son sens. L’Algérie est donc enfin, parvenue à une étape importante de son parcours pour une modernité véritable. Aujourd’hui, les Algériens savent que la fibre optique, l’Internet et l’Intranet ont des applications concrètes sur le terrain.
Cette étape devrait en appeler d’autres. En attendant, les citoyens applaudissent certes, mais demeurent quelque peu vigilants.
Combien de fois, ils ont vu la bureaucratie reculer pour mieux sauter. C’est un peu le sentiment général que nos reporters aux quatre coins du pays nous rapportent dans ce dossier.

Béjaïa : Les habitudes ont la peau dure

La complexité des procédures administratives et les parcours pénibles imposés au citoyen investisseur ou lambda font encore parler d’eux en cette période d’actions tous azimuts que la nouvelle autorité de wilaya affiche sur tous les plans.

De toutes les rencontres tenues aussi bien avec les investisseurs que les opérateurs économiques, les lenteurs administratives apparaissent aux premières loges dans la liste des contraintes évoquées. En dépit des mesures prises par les pouvoirs publics pour alléger toutes les procédures administratives, force est de constater que la réalité n’a pas suivi. Dans la wilaya de Béjaïa, le mal est profond. Entre les accusations des investisseurs et des citoyens, les bureaucrates ne se laissent pas intimider, évoquant la nécessité d’appliquer la loi dans toute sa rigueur. «Notre responsabilité nous impose de veiller scrupuleusement au respect des textes de loi, pour toute démarche d’investissement», indique ce fonctionnaire des domaines quant aux lenteurs, beaucoup de fonctionnaires mettent en cause le manque de personnel, qui fait l’étude et l’examen des dossiers de quelque nature que ce soit lesquels prennent plus de temps qu’il n’en faut.


«A certaine période nous sommes submergés de dossiers qu’il faut examiner minutieusement pour éviter des erreurs qui peuvent être préjudiciables aussi bien pour le citoyen que pour nous les fonctionnaires et lorsque vous ne disposez pas de personnel suffisant, il va de soi que les délais vont être plus longs», ajoute ce fonctionnaire de la wilaya qui précisera que souvent la lenteur ne relève pas de leur responsabilité. «Il arrive que ce sont les citoyens qui prennent énormément de temps pour compléter leurs dossiers pour ensuite nous accuser de blocage», souligne un employé chargé de l’étude des dossiers liés à l’habitat rural. «Parfois, les demandeurs mettent jusqu’à un mois et souvent plus que ça pour fournir une pièce nécessaire pour la validation de leurs dossiers, vous imaginez-vous tout le temps perdu?», souligne encore ce fonctionnaire. A Béjaïa, le parcours du combattant imposé aux citoyens, vécu et dénoncé journellement, commence, par les va-et-vient qui sont contraignants, surtout pour les villageois qui souffrent de l’éloignement de l’administration.

Le problème est aussi celui de la dépendance de certaines administrations de directions régionales qui se trouvent en dehors du territoire de la wilaya, soit dans la wilaya de Sétif.Les erreurs de transcription, comme ce fut le cas depuis l’arabisation de l’état civil dans notre pays sont décriées par le citoyen qui doit saisir la justice pour toute mesure de rectification, conformément à la loi, il se voit contraint à une attente très lente au point d’abandonner son propre projet.


Si depuis la numérisation de l’état civil et l’annulation de la légalisation des copies de documents administratifs, la situation s’est nettement améliorée, elle demeure cependant une réalité dans le domaine cependant d’investissements et de réalisations. Que dire d’un dossier d’investissement déposé depuis huit ans qui ne reçoit de réponse que la semaine dernière et quelle réponse puisque ce n’est ni plus ni moins qu’un ajournement. Pratiquement, aucun ne s’est félicité des facilitations de l’administration, bien au contraire, tous sont venus porter à la connaissance du premier responsable de la wilaya les embûches dressées sur leurs parcours respectifs.

source : l'expression

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