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Endogamie : Pourquoi le certificat médical prénuptial ?

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De nombreuses maladies héréditaires (ou génétiques), à l’origine de graves déficiences intellectuelles chez l’enfant, résultent de mariages consanguins. C’est ce que l’on retient de la journée d’étude organisée hier à l’Ecole supérieure de la Sécurité sociale par le ministère de la Solidarité, de la Famille et de la Condition de la femme, sur le thème : «Problèmes liés aux mariages consanguins en Algérie».

Nedjma Merabet - Alger (Le Soir) - Dans son discours d’introduction, Mme Eddalia expose la démarche des autorités avec un historique revenant sur les pratiques dites endogames.

Le mariage étant un pilier de la société, la nécessité de le penser et de le régir s’impose donc pour les pouvoirs publics, afin d’assurer la sécurité sanitaire des citoyens. Dans ce cadre, l’allocution de la ministre insiste sur l’importance du certificat médical prénuptial et invite toutes les parties de la société (écoles, mosquées, société civile, praticiens de la santé …) à s’investir dans la campagne de sensibilisation à ladite mesure, afin de prévenir et/ou traiter à temps certaines maladies. Le discours de la ministre rappelle que la recrudescence des enfants souffrant de handicaps et issus de mariages consanguins est une preuve de la faiblesse de la conscience individuelle et collective. C’est en appui de cette idée que les divers scientifiques intervenant lors de la journée d’étude axent plus sur les retards mentaux résultant de maladies génétiques, potentiellement en rapport avec la consanguinité, que sur d’autres formes de handicaps (moteurs, physiologiques, etc.).

Il est constaté une présence inquiétante en Algérie de maladies telles que la trisomie 21, diverses maladies hématologiques, ou encore la phénylcétonurie, l’hypothyroïdie congénitale… Toutes étant des maladies génétiques et impliquant le plus souvent des déficiences mentales ou intellectuelles, ou encore des cas aigus d’autisme.
On recense un taux de 22 à 26% de mariages consanguins dans la communication du Pr Arrada, tandis qu’il est de 33% selon le discours de la ministre, qui reprend les chiffres de la Forem (Fondation nationale pour la promotion de la santé et la recherche médicale).

Pourtant, les chiffres présentés par un document scientifique, émanant de l’OMS, contrarient quelque peu cette approche. En effet, 47% des cas de retard mental sont dus à des facteurs génétiques dans les pays dits développés, contre 15% dans les pays dits en développement, selon ce document. Tandis que les chiffres concernant les facteurs environnementaux s’inversent. Pour la trisomie 21, le même document fait état d’un taux légèrement plus élevé dans les pays développés que dans les pays en développement. La journée d’étude tire la sonnette d’alarme concernant la problématique soulevée, attirant l’attention de l’auditoire sur son implication dans le retard de développement. C’est pour cette raison que la ministre insiste dans son allocution sur l’importance du certificat médical prénuptial, consacré par le code de la famille, mais aussi par le récent code de la santé, dans l’espoir de dépasser les refus de cette démarche, qu’ils soient principiels ou dédaigneux.

Il y a quelques années, un débat avait été institué pour inciter les autorités chinoises à établir une telle mesure légale pour les mariages, liant les maladies consanguines au taux d’enfants abandonnés.

.lesoirdalgerie.com

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