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Places au cimetière et permis d’inhumer en mode ' tchippa ' à Beni Messous

#coronavirus

La mortalité élevée au voisinage du CHU de Beni Messous donne une autre dimension dramatique à la 2e vague du Covid 19 à Alger.

La courbe des décès du au Covid 19 s’est emballée dans la capitale depuis deux semaines et à la tension réelle sur les lits d’hôpital, est entrain de s’ajouter une tension artificielle des places dans les cimetières, source d’un trafic naissant.

Illustration à l’ouest d’Alger où le permis d’inhumer n’est pas accordé sans fioritures à l’APC de Beni Messous, dimanche 08 novembre au matin. On enterre bien sur un cas Covid. La famille du défunt apparaît vite, dans sa détresse, comme une proie pour des préposés de l’administration embusqués pour les détrousser. Le scénario est déjà  bien huilé.

Au cimetière le responsable du site demande au préalable à sa famille un permis d’inhumer avant de désigner une place pour enterrer le défunt. Au siège de l’APC, quelques minutes plus tard, un agent de l’Etat civil exige d’abord de savoir qu’il y a bien une place de libre au cimetière voisin pour ensuite délivrer les documents qui permettent d’opérer aux obsèques. Labyrinthe circulaire sans issue.

Au bout de trente minutes et de quelques sous-entendus, où il se dit qu’il n’y a plus de places disponibles au cimetière,  le passage par la transaction devient clair. Pour espérer enterrer son parent dans les délais au cimetière choisi pour sa proximité de l’hôpital (lieu du décès) et du domicile familiale, il faudra verser une « Tchippa » (soudoiment) à l’agent communal. La mésaventure n’ira pas plus loin.

Cette fois-ci, le piège ne se refermera pas sur cette famille qui connaît ses droits et qui n’était pas prête à succomber aux circonstances pressantes d’un adieu sous procédure Covid-19. 

La suspicion de l’existence d’un trafic aux places et aux permis d’inhumer est cependant confortée ce même dimanche matin. Un autre agent communal, voyant bien la scène qui se joue, avoue que « c’est comme cela que cela se passe maintenant », en déplorant l’attitude délictuelle de ses collègues. Finalement,  il y’avait bien des places disponibles libres au cimetière de Beni Messous.

Le stratagème de la rareté artificielle n’a pas fonctionné – cette fois-  pour « vendre » une place « rare » et le permis d’inhumer qui lui « correspond ».  L’accélération de la mortalité liée à la 2e vague du Covid-19 menace de donner naissance à des trafics sordides y compris au moment les plus solennelles et les plus douloureux des familles de victimes. A Beni Messous, les élus de l’APC ne peuvent plus dire qu’ils ne savaient pas.

source : radio-m.net

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