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La circonstion ( T'hara ) les origines d'un rituel sacré

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La circoncision nous propulse dans un premier temps, en pleine Égypte antique.  Selon l’historien Hérodote (V e siècle avant  J. – C.) qui rapporte dans l’une de ses Enquête*, les prêtres égyptiens étaient circoncis au même titre que les éthiopiens, les phéniciens et les cananéens.

Une pratique perpétrée dans la tradition monothéiste par les juifs, les musulmans ainsi que par les chrétiens coptes d’Egypte. Albert Bensoussan, dans son ouvrage « Quelques mots sur la circoncision », explique ceci : « [ ]en Algérie les traditions juive et musulmane se rejoignent quant au sens religieux et ethnique donné à  cette pratique.»

Origine du rituel 

En Algérie, la circoncision est appelée  « T’hara « ou « khtana », ce qui signifie « purifier » ou encore « sceller ». Ce rituel musulman  semble tirer ses origines de la tradition hébraïque juive. Il est dit que le prophète Ibrahim pratiqua la circoncision sur lui-même ainsi que sur ses fils comme signe d’allégeance à Dieu. Pour reprendre les dires du docteur Chorfi Mohamed Séghir, cette pratique s’accomplie dans le but d’honorer la triade religieuse suivante : « L’appartenance à l’Islam, le changement de statut, le respect de la tradition. Ce dernier rend compte de l’aspect psychanalytique de la circoncision, dans une enquête dédiée à la  région des Aurès qui présente des traits communs à l’ensemble des régions en Algérie, et possède aussi des particularités telle  que  l’exclusion  du père, qui n’assistera pas à l’action de l’ablation du prépuce,  pour éviter le sentiment de honte à son enfant devenu «  erguez ».

La cérémonie de la T’hara et sa symbolique en Algérie   

Les préparatifs commencent dés lors qu’on décide de la date de la circoncision; celle-ci est le plus souvent fixée le vingt -septième jour  du ramadan (Leylet el Qadr), ou encore à l’occasion d’un jour pair de la semaine : soit, le lundi ou le mercredi. Parentes, sœurs et voisines se rassemblent pour rouler le couscous, mets de fête de prédilection en Nord Afrique. La joie est portée par des youyous qui préludent le grand jour.  

Le jour J, l’enfant est paré de ses plus beaux habits, son trousseau comporte : un  saroual  loubia, un gilet brodé, un burnous et une chachia. « El tahfifa », qui signifie coupe de cheveux, annonce le début de la cérémonie, et le coiffeur entreprend de couper une  mèche symbolique.

Il est à noter qu’autrefois, le barbier et le coiffeur pratiquaient des actes médico-chirurgicaux. A cet effet, ils étaient en charge de la circoncision; de nos jours, les parents optent pour un personnel médical.  

Par ailleurs, les femmes sont exclues de la cérémonie qui se déroule en huis clos. Les membres masculins proches sont admis à savoir l’oncle, le père (sauf pour certaines régions) et le grand-père. Une fois l’ablation du prépuce achevée, les  youyous  et le  son du bendir retentissent. L’enfant  est pris en charge par sa mère et ses grands-mères pour le rituel de la «henna ». A Tlemcen, l’orchestre féminin des « f’qirat » anime la fête. Les invités sont honorés avec  des dattes, des  friandises, du messfouf (couscous au miel) et rfis, une galette sucrée préparée avec du beurre et du miel. 

Les rites d’initiations et de  passages à l’âge adulte sont des marqueurs communautaires et identitaires prédominants dans notre société. De nos jours, la cérémonie qui entoure el thara perd de son authenticité, et beaucoup de familles la perpétuent sous des traits d’opulentes fêtes.   

Source : Babzman.com

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